18 mars 2015 ~ 0 Commentaires

Compte-rendu 1ère table ronde avec les familles 23 janvier 2015 de 17 à 19h

Réunion animée par Antonia, la psychologue et Sabrina, la coiffeuse de la maison de retraite d’Elne, toutes deux praticiennes en validation (méthode d’accompagnement et de communication auprès des personnes âgées désorientées).

L’arrivée en maison de retraite :

Souvent, l’entrée en maison de retraite correspond à un épuisement des aidants familiaux qui n’arrivent plus à assurer cet accompagnement et ont généralement atteint un « point de non-retour ». Cette décision très lourde à prendre génère la plupart du temps un fort sentiment de culpabilité des familles qui ont peur que leurs proches se sentent abandonnés. La prise de décision est parfois plus compliquée en présence de grande fratrie qui ont du mal à se mettre d’accord sur le type d’accompagnement. La décision de mise en institution pose par ailleurs des questions d’ordre financier.

Des familles ont souligné les fait que l’épuisement, la fatigue nerveuse peut dans les cas les plus dramatique basculer vers un risque de maltraitance, d’où la nécessité de se faire aider. L’arrivée en institution peut représenter une solution.

Dans tous les cas, l’entrée implique nécessairement le recueil du consentement du résidant, le respect de sa volonté et une préparation psychologique en amont à son arrivée afin de permettre son intégration dans de bonnes conditions.

Les personnes qui confient leurs parents en maison de retraite sont souvent sujettes à des angoisses du fait qu’elles ne maîtrisent pas tout ce qui se passe dans les moindres détails du quotidien. Il est difficile pour de nombreuse familles d’accepter de « lâcher prise ».

 

L’acceptation :

L’adaptation des familles est souvent plus difficile que l’adaptation du résidant lui-même. Les familles doivent réussir à prendre du recul.

Antonia a rappelé que cette acceptation prend généralement trois mois. Il y a toujours un temps d’adaptation à observer pour dépasser les pleurs, la peine, arriver à accepter.

La difficulté consiste essentiellement en l’acceptation par la famille de l’arrivée en maison de retraite de leur parent. Il faut accepter que les années passent, que les parents réagissent différemment face au vieillissement. Leur comportement peut alors évoluer et dévoiler une facette de leur personnalité jusqu’alors inconnue. Plusieurs familles ont pu témoigner des changements constatés au niveau du comportement de leurs proches depuis l’arrivée en maison de retraite.

Des familles ont pu insister sur le fait que ce qui est le plus dur à supporter n’est pas la dégradation de l’état physique de leur parent à laquelle ils s’attendaient mais que la déchéance intellectuelle est beaucoup plus difficile à admettre. Il est compliqué de réussir à communiquer avec un parent qui semble absent, déconnecté de la réalité. Les familles sont souvent démunies face à ce genre de situations. Elles sont aussi très affectées par les souffrances de leurs parents.

Des familles ont souligné le fait que cela leur renvoie l’image d’une personne qu’ils n’aimeraient pas devenir. Il s’agit de l’image de leur propre vieillesse future. Cela renvoie donc à la peur du vieillissement, de la mort.

Antonia a alors souligné qu’il est indispensable de faire évoluer la relation avec son parent, de trouver un autre mode de communication. Il convient de savourer la vie d’une autre façon en se concentrant sur les aspects positifs et en vivant intensément le moment présent.

Souvent, les résidants ont le sentiment de ne plus servir à rien et ont donc besoin de valorisation et de se sentir à nouveau utiles (notamment à travers la réalisation des actes de la vie quotidienne comme les moments de repas). Certaines personnes âgées se sentent diminuées et ont beaucoup de mal à l’accepter. Il faut les accompagner et éviter de les mettre en situation d’échec.

Pour les familles qui le souhaitaient, des contacts ont été communiqués auprès de l’Association Alzheimer France qui propose des formations à destination des aidants familiaux afin de mieux comprendre la maladie et de faciliter la communication. Sabrina (coiffeuse) peut également vous accompagner.

Antonia, la psychologue a bien insisté sur le fait que l’établissement ne se substitue en aucun cas à la famille dont la présence est très précieuse, notamment sur un plan affectif.

De nombreuses familles parviennent finalement à se sentir apaisées et rassurées dans la mesure où à la maison de retraite la présence de professionnels, y compris la nuit (3 tournées réalisées par les 2 veilleurs avec 1 à 3 visites dans chaque chambre), procure un sentiment de sécurité plus important qu’à la maison. Le risque de chute n’est bien entendu pas nul mais bien mieux maîtrisé qu’au domicile. Beaucoup de familles connaissant la maison de retraite depuis un certain temps disent avoir réussi à dépasser le sentiment d’ « abandon » de leur proche. Certains résidants n’hésitent pas à dire à leurs familles, lors des visites qu’elles leurs rendent qu’ils ont trouvé une nouvelle maison, un nouveau chez-soi au sein de la résidence.

 

Les visites au sein de la résidence :

Selon certaines familles, il est préférable de parvenir à s’écouter et d’aller rendre visite aux proches que lorsque l’on en a réellement envie.

Sabrina a expliqué que les appréhensions, les angoisses doivent autant que possible être laissées de côté le temps de la visite afin de ne pas les communiquer. En effet, même si la personne semble absente, les émotions, les sensations continuent à se transmettre. La mémoire s’en va parfois mais le plaisir procuré par un moment agréable partagé reste. D’où l’intérêt des visites même si le résidant les oublie aussitôt.

Tout le monde ne partage pas cet avis, même si la plupart des familles acceptent avec le temps que leur parent vive en maison de retraite, il est pour certains difficile d’arriver à se passer de venir pour quelques jours. Elles ont toujours peur que la personne se sente abandonnée. On retrouve ici le sentiment de culpabilité des familles.

Certaines familles soulignent par ailleurs qu’elles viennent rendre visite à leurs proches avec plaisir mais que lorsque la visite ne se passe pas comme prévu, elle est source de déception, de contrariété.

Lors des visites à la résidence, il est possible de croiser d’autres familles qui traversent des expériences très similaires. Ça peut aussi être réconfortant pour la famille de savoir qu’elle n’est pas la seule à connaître des difficultés avec un proche et de pouvoir échanger à ce sujet.

Le besoin de parler et d’être compris est souvent très fort de la part des familles. Les professionnels sont aussi là pour les familles, pour répondre à leurs interrogations, si besoin un rendez-vous peut être programmé. Il est nécessaire de faire remonter ce qui ne va pas afin de pouvoir se sentir apaisé.

Un résidant présent à la réunion s’est exprimé et a souhaité souligner que l’accueil au sein de la résidence était agréable et qu’il s’y dégageait beaucoup de chaleur.

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